Deux expositions sont consacrées à des oeuvras gravées à Paris actuellement, toutes les deux jusqu’à mi-février.

- Louise Bourgeois. Extrême tension
- Lieu : Bibliothèque nationale de France (BnF) – Site Richelieu (Galerie Mansart – Galerie Pigott)
- Jusqu’au 21 février 2027
- Présentation : Première exposition conjointe de la BnF et du Centre Pompidou consacrée à l’œuvre graphique (dessins et estampes/gravures) de Louise Bourgeois, mettant notamment en avant le don historique de l’artiste (Altered States).
Figure majeure de l’art contemporain, Louise Bourgeois (1911-2010) a construit son œuvre en marge des grands courants qui ont marqué le XXe siècle — surréalisme, expressionnisme abstrait, minimalisme… — développant un langage profondément personnel qui exerce toujours une profonde influence sur de nombreux artistes. - Installée à New York dès 1938, elle découvre la gravure dans l’Atelier 17 de Stanley William Hayter — une technique qui deviendra, avec le dessin, essentielle à toute son œuvre. Gravure, dessin et sculpture se nourrissent mutuellement ; les mots s’inscrivent dans les images ; les gestes se répètent comme des rituels.
- En 1995, le Musée national d’art moderne – Centre Pompidou et la Bibliothèque nationale de France consacraient deux expositions distinctes à son œuvre graphique, dessins d’un côté, gravures et livres de l’autre. À cette occasion, la Bibliothèque nationale de France reçut de l’artiste un don exceptionnel : une centaine de planches couvrant la totalité de sa production, un ensemble enrichi par la suite par les dons réguliers des Amis de la BnF.
- Le Cabinet d’art graphique du Centre Pompidou acquit quant à lui des dessins récents, essentiellement des années 1990, auxquels se sont ajoutés plusieurs dons consécutifs de l’artiste, de la Clarence Westbury Foundation et des American Friends du Centre Pompidou.
Aujourd’hui, le Centre Pompidou conserve 91 œuvres (dessins, estampes, sculpture et installation) et la BnF plus d’une centaine d’estampes ainsi que huit livres d’artiste. En réunissant pour la première fois ces deux fonds complémentaires, l’exposition permet de comprendre l’interdépendance du dessin et de la gravure chez Louise Bourgeois, et met en lumière les principaux thèmes qui jalonnent son œuvre
- Shunga, Chefs-d’œuvre de l’art érotique à l’époque Edo
- Lieu : Maison de la culture du Japon à Paris
- Jusqu’au 13 février 2027
En raison de la fragilité des œuvres, leur présentation se fait en deux temps :
1er volet : 12 novembre-19 décembre / 2e volet : 5 janvier-13 février - Présentation : Un voyage à travers les estampes japonaises (ukiyo-e) érotiques de l’époque Edo.
Rares sont en France les expositions présentant des peintures et estampes érotiques japonaises. Longtemps dédaignées ou considérées comme obscènes, elles sont depuis quelques années reconsidérées à leur juste valeur au Japon et dans le reste du monde. Cette nouvelle exposition de la MCJP est un véritable événement puisqu’elle est consacrée uniquement à ces shunga – ou « images de printemps » – et réunit un grand nombre de chefs-d’œuvre du genre, à commencer par ceux d’Utamaro et de Hokusai. - L’exposition retrace de façon chronologique l’art des shunga durant l’époque Edo (1603-1868), quand le Japon entretenait de rares contacts avec l’étranger et que s’épanouissait une nouvelle culture urbaine. Déjà présentes à l’époque Heian (794-1185), les peintures érotiques, productions uniques, étaient à l’origine réservées aux nobles. Mais au 17ᵉ siècle, le développement de la technique de la gravure sur bois marqua un tournant dans l’art des shunga. Estampes et livres imprimés, y compris ceux à caractère sexuel, furent rapidement diffusés en nombre parmi un large public de citadins. Avec l’apparition vers 1765 des premières estampes véritablement polychromes, les nishiki-e, commença l’âge d’or des shunga.
- Les usages des shunga étaient multiples : éduquer les jeunes mariés, stimuler le désir sexuel – parfois juste en suggérant, sans être sexuellement explicite, comme c’est le cas des abuna-e (« images risquées ») –, mais aussi amuser, l’humour étant en effet très présent dans ces images qui étaient aussi appelées « images pour rire » (warai-e). Ils étaient appréciés par les hommes et les femmes de tous âges, de toutes les classes sociales, seul, en couple ou entre amis.
- Lieux emblématiques du « monde flottant », les quartiers des plaisirs tels que le célèbre Yoshiwara à Edo étaient un sujet prisé des artistes. Cependant, dans le courant du 18ᵉ siècle, les courtisanes se firent plus rares dans les shunga. Ce sont essentiellement des couples mariés ou d’amants qui étaient représentés dans des scènes mettant en avant l’épanouissement sexuel des partenaires. Il n’est pas rare que leurs ébats amoureux se déroulent sur douze scènes qui évoquent parfois le passage des saisons. Par ailleurs, les végétaux ont souvent une connotation érotique. Afin de renouveler le genre, les artistes s’amusèrent à imaginer des étreintes mêlant des femmes avec des étrangers, des yôkai ou des spectres. Les parodies grivoises d’œuvres littéraires telles que le Dit du Genji sont également un thème récurrent.
- Retracer l’évolution des shunga, c’est aussi évoquer la censure qui, dès 1722, plongea dans l’ombre cette production. Plus ou moins sévère selon les périodes, la censure fut parfois contournée par les éditeurs et les artistes qui utilisèrent, notamment, des pseudonymes. Paradoxalement, les interdictions et les lois somptuaires stimulèrent leur créativité et leur permirent de déployer toute leur virtuosité, donnant naissance à de véritables chefs-d’œuvre de l’art érotique

